Joseph-Félix Bouchor ( - )
Né à Paris le 15 septembre 1853, Joseph-Félix Bouchor reçoit une formation académique auprès de Jules Lefebvre et de Benjamin-Constant. Très tôt attiré par la vie artistique parisienne, il fréquente les milieux bohèmes de Montmartre, notamment aux côtés de son frère, le poète Maurice Bouchor.
Peintre voyageur et curieux du monde, il parcourt l'Égypte, l'Algérie, le Maroc et l'Italie, nourrissant son œuvre de paysages, de scènes de vie et de rencontres. Dans les années 1880, il s'installe à Freneuse, en Normandie, où il développe une peinture attentive aux gestes simples du quotidien et à la vie rurale.
Mais c'est aussi en Bretagne que son regard trouve une inspiration singulière. Dès la fin du XIXe siècle, puis plus particulièrement dans les années 1920, il sillonne la région, du pays bigouden au Faouët, en passant par Auray. Il s'attache aux marchés, aux ports, aux pardons et aux scènes de la vie quotidienne, représentant avec une grande justesse les costumes, les traditions et les figures bretonnes.
Sa peinture se distingue par une palette chaleureuse, une lumière délicate et un réalisme plein d'humanité. Loin de rechercher uniquement le pittoresque, Bouchor observe ses sujets avec une véritable attention, faisant de ses tableaux de précieux témoignages de la Bretagne de son temps.
Durant la Première Guerre mondiale, il devient peintre aux armées et réalise de nombreux portraits ainsi que des scènes du front. Officier de la Légion d'honneur en 1921, il poursuit son activité jusqu'à la fin de sa vie.
En 1936, il fait don d'une importante collection de ses œuvres au musée de Vannes, témoignant de son attachement à la Bretagne. Il s'éteint à Paris le 27 octobre 1937, laissant une œuvre éclectique où se rencontrent le voyage, l'histoire et la poésie des instants ordinaires.