Yvonne Jean Haffen (1895 - 1993)

Yvonne Jean Haffen

D'une famille originaire de l'Est de la France, Yvonne Haffen  manifesta un engouement précoce pour les arts graphiques, auxquels elle s'initia dans une école privée. Après-guerre, sa passion pour le dessin l'incita à suivre les cours de La Grande Chaumière puis, encouragée par son époux Edouard Jean, à travailler dans l'atelier du peintre Auguste Leroux. Ce premier enseignement lui permit de participer au Salon des Artistes Français en 1924 et en 1925.

Mais en 1923, elle a fait la connaissance du peintre, décorateur et illustrateur Mathurin Méheut. Cette rencontre fut déterminante car elle découvrit, par son intermédiaire, les formes épurées de l'Art Déco à l'Exposition des arts décoratifs et industriels de Paris. Elle s'adonna dès lors avec passion, au dessin, à la peinture, à la gravure sur bois et linoléum, à l'illustration et à la céramique.

En 1926, gràce à Mathurin Méheut, elle découvrit aussi la Bretagne et y fit, à partir de cette date, de multiples séjours. L'ancrage breton se confirma avec l'achat, en 1936, de "La Grande Vigne" sur le port de Dinan. Dès 1925, elle entame une collaboration avec la faïencerie Henriot à Quimper où elle travaillera jusque vers 1950. Elle réalise aussi des pièces de céramique chez des céramistes parisiens et à la Manufacture Nationale de Sèvres. Ses pièces de forme sont portées par le courant régionaliste de l'époque.

Si la Bretagne fut assurément l'un de ses sujets de prédilection, elle travailla également beaucoup à Paris, en province et à l'étranger. Elle exposa à l'Exposition coloniale de 1931, à l'Exposition internationale de 1937 et - à titre individuel - à la Maison de la Bretagne (1957) ainsi que dans des galeries ("Galerie Charpentier" en 1933). Elle illustra, également, plusieurs ouvrages.

Bien que reconnue (Chevalier des Arts et Lettres, titulaire du Collier de l'Hermine), elle s'attacha davantage, à partir des années 1970, à perpétuer le souvenir de M. Méheut qu'à promouvoir sa production personnelle. En 1987, elle fit donation à la Ville de Dinan d'un patrimoine d'une richesse exceptionnelle. Yvonne Jean-Haffen mourut à Dinan, après une vie artistique très riche.